Alfred de Musset : studyum literackie Edwarda Lubowskiego. - strona 31
Le Rhin allemand.
Réponse à la chanson de Baecker 1841.
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand,
II a tenu dans notre verre.
Un couplet, qu'on s'en va chantant,
Efface-t-il Ia trace altière
Des pieds do nos chevaux, marqués dans votre sang?
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand;
Son sein porte un plaie ouverte,
Du jour, où Condé triomphant
A dechité sa robe verte,
Où le passe a passé, passera bien l'enfant.
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand;
Que faisaient vos vertus germaines,
Quand notre César toutpuissant
De son ombre couvrait vos plaines?
Ou donc est-il tombé ce dernier ossement?
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand,
Si vous oubliez votre histoire,
Vos jeunes tilles, sûrement,
Ont mieux gardé notre mémoire;
Elles nous ont versé votre petit vin blanc.
S'il est à vous, votre Rhin allemand,
Lavez y donc votre livrée;
Mais parlez-en moins fièrement,
Combien, au jour do la curée,
Etiez vous de corbeaux contre l'aigle expirant.
Réponse à la chanson de Baecker 1841.
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand,
II a tenu dans notre verre.
Un couplet, qu'on s'en va chantant,
Efface-t-il Ia trace altière
Des pieds do nos chevaux, marqués dans votre sang?
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand;
Son sein porte un plaie ouverte,
Du jour, où Condé triomphant
A dechité sa robe verte,
Où le passe a passé, passera bien l'enfant.
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand;
Que faisaient vos vertus germaines,
Quand notre César toutpuissant
De son ombre couvrait vos plaines?
Ou donc est-il tombé ce dernier ossement?
Nous l'avons eu, votre Rhin allemand,
Si vous oubliez votre histoire,
Vos jeunes tilles, sûrement,
Ont mieux gardé notre mémoire;
Elles nous ont versé votre petit vin blanc.
S'il est à vous, votre Rhin allemand,
Lavez y donc votre livrée;
Mais parlez-en moins fièrement,
Combien, au jour do la curée,
Etiez vous de corbeaux contre l'aigle expirant.
Qu'il coule en paix, votre Rhin allemand,
Que vos cathédrales gothiques
S'y reflètent modestement;
Mais craignez que vos airs bachiques
Ne réveillent les morts de leur repos sanglant!


